La Télé-Education
L’autre jour en jouant avec mon petit cousin, qui avait tout juste 3 ans, j’ai été surpris par les propos violents avec lesquels il menait ses duels ludiques : je vais appeler Zoro, qui va leur couper la tête avec sa grande épée ! Hurlait-il avec enthousiasme…
Ce n’est qu’un gamin et c’est normal qu’il soit emporté par les scènes d’action, diront certains…de mon coté, je ne cache pas que ma préoccupation était telle, que j’ai décidé de chercher d’où mon petit cousin tirait toute cette imagination…
Le dénouement de l’énigme fut rapide, comme presque tous les enfants de son âge, il passait une grande partie de la journée cloué devant l’écran télé, regardant la multitude de dessins animés qu’offre la multitude de chaînes satellitaires spécialisées.
Je me suis amusé à regarder quelques épisodes avec lui, et là, un seul mot d’ordre : violence à outrance … du Samurai américain qui tranche ses ennemis à coups de sabre, aux trois séduisantes détectives qui déciment les méchants avec tout genre d’armes, en passant par l’écureuil qui s’adonne à cœur joyeux à la destruction d’une horde de singes hors la loi…sous différentes couleurs certes, mais le produit est le même : violence.
J’ai été tout simplement révolté ! Si personne ne discute le fait que les médias trouvent toute leur implication dans le façonnage de la personnalité des jeunes générations, combien de parents se préoccupent du contenu de ces dessins animés ? Ou du nombre d’heures que leur petit protégé passe devant l’écran ? Très peu à mon sens…la télé est devenue hélas pour nombre de foyers, la « tétine » à laquelle on accroche son enfant pour ne plus l’entendre hurler …met lui la chaîne et oublie-le…
Cette culture de consommation des dessins animés nuit profondément au processus éducatif (pour ceux qui s’en préoccupent déjà), au delà de la violence physique et verbale, ces produits (et plus spécialement ceux de nos jours), renversent toute la logique de ce qui est bon et de ce qui est mauvais : mentir est un moyen de s’ôter des situations embarrassantes, voler devient une pratique amusante…le système de valeurs est défié, voire heurté de plein fouet.
N’avons-nous donc plus de temps ni d’humeur pour nous occuper de nos enfants ? Les activités physiques, les jeux constructifs qui participent à leur épanouissement cèdent désormais la place à cette boite à couleurs qu’on regarde mot tu, bouche cousue (parfois entrouverte)…une machine imprévisible à laquelle nous avons légué, par mégarde ou avec complicité, l’éducation de nos générations.